mardi 18 mars 2014

Les passages maritimes


J'avais pensé faire ma partie du livre sur l’approvisionnement des hydrocarbures, mais j'ai plutôt fini par la faire sur les sables bitumineux. Par conséquent, dans ce blogue, je vais parler un peu de sujets que j'aurais pu aborder dans mon chapitre. Je vais donc m'adresser aux points marins stratégiques pour le transport d'hydrocarbure.

Le canal de Suez

Ce canal est situé en Égypte et permet aux bateaux de se rendre directement de l'océan Indien à la mer Méditerrané. Complété en 1869, il a été un enjeu important dans plusieurs périodes, telle la crise du canal de Suez. Aujourd'hui, il est la troisième plus grosse source de revenus de l'Égypte et environ 20 000 bateaux y passent par années. Cela représente 14 % du trafic mondial. En 2011, 3,8 millions de barils de pétrole y passaient chaque jour. Il y a même un oléoduc, nommé SUMED, dans lequel les bateaux qui sont juste de la bonne grosseur pour passer déversent leur pétrole. Ces bateaux peuvent donc passer le canal plus facilement et récupèrent leur cargo à la sortie du canal.

Le détroit de Malacca

Ce détroit est situé entre la Malaisie et l'Indonésie et est le passage le plus rapide entre l'océan Indien et l'Océan Pacifique. Environ 65 000 bateaux y passent par année et, en 2011, 15,2 millions de barils de pétrole y passaient par jours. À son point le moins large, le détroit est environ 27 kilomètres de large. Par conséquent, les bateaux y sont parfois un peu à l'étroit. Un oléoduc se fait donc construire entre la Malaisie (le pays sur le bord du détroit) et la Chine le pays qui reçoit une bonne partie du pétrole traversant le détroit. Il est intéressant de noter qu'il y a de la piraterie dans les eaux près du détroit, bien que ce phénomène diminue depuis 2005.

Le canal de Panama

Créé en 1887, ce canal permet aux bateaux de passer entre l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. Il est long de 80 kilomètres et comprend des écluses. Bien que ce canal soit un point très important pour le commerce, il n'y a pas beaucoup de pétrole qui y passe. En effet, il n'y a que 775 000 barils par jour. Cela s'explique par le fait que majorité du pétrole au monde est extrait dans l'ouest de l'Asie et au Moyen-Orient. Il ne doit donc pas traverser le canal de Panama.

Le détroit d'Ormuz

Le détroit d'Ormuz se situe à l'embouchure du golfe persique, qui se situe entre l'Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, l'Iran, le Koweït et l'Irak. Simplement en entendant le nom de ces pays, on peut figurer que le détroit d'Ormuz est un point de passage important pour le pétrole. En effet, bien que seulement 14 bateaux y passent par jour, il y a 17 millions de barils par jour. Ceci représente environ 35 % du déplacement maritime du pétrole. Les deux pays logeant se détroit large de 14 kilomètres sont l'Iran et l'Oman. Le fait que l'Iran contrôle une partie du passage ne cause pas de trouble, sauf quelques menaces sans fondement, pour l'instant. Par contre, on peut certainement voir qu'il y a du potentiel pour commencer des conflits à l'avenir.

Le passage du Nord-Ouest

Ces derniers temps, une nouvelle route commence à offrir une bonne alternative au canal de Panama. En effet, avec la fonte des glaces, plus en plus de bateaux commencent à passer au nord du Canada. Ce nouveau chemin maritime devient donc un enjeu pour le Canada et même à échelle internationale. Les bateaux qui sont trop gros pour passer à travers le canal de Panama ont maintenant une alternative au détroit de Magellan, au sud de l'Amérique du Sud.


Tous ces passages maritimes sont évidemment de grands enjeux aujourd'hui, mais ont également la possibilité de devenir bien plus importants. En effet, si une crise énergétique cause la demande de pétrole à monter énormément, le contrôle de la route qu'il emprunte deviendra nécessairement bien plus important. Beaucoup de conflits peuvent donc avoir lieu autour des points de passage maritimes. Évidemment, ces passages diminueront probablement d'importance dans une société poste-pétrole puisqu'on n'en transportera plus et qu'il y aura probablement moins d'échange international.

1 commentaire:

  1. Très intéressant! Lorsque les pays seront dans leur «peak» au Moyen-Orient, les guerres civiles et les attaques terroristes vont probablement rendre ces points de passage dangereux... À quand un déversement de pétrole au canal de Suez? Ou bien est-ce que ça va être près du Yémen avec les pirates Somaliens?

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