Les passages maritimes
J'avais pensé faire ma partie du livre sur
l’approvisionnement des hydrocarbures, mais j'ai plutôt fini par la faire sur
les sables bitumineux. Par conséquent, dans ce blogue, je vais parler un peu de
sujets que j'aurais pu aborder dans mon chapitre. Je vais donc m'adresser aux
points marins stratégiques pour le transport d'hydrocarbure.
Le canal de Suez
Ce canal est situé en Égypte et permet aux bateaux de se
rendre directement de l'océan Indien à la mer Méditerrané. Complété en 1869, il
a été un enjeu important dans plusieurs périodes, telle la crise du canal de
Suez. Aujourd'hui, il est la troisième plus grosse source de revenus de
l'Égypte et environ 20 000 bateaux y passent par années. Cela représente 14 %
du trafic mondial. En 2011, 3,8 millions de barils de pétrole y passaient
chaque jour. Il y a même un oléoduc, nommé SUMED, dans lequel les bateaux qui
sont juste de la bonne grosseur pour passer déversent leur pétrole. Ces bateaux
peuvent donc passer le canal plus facilement et récupèrent leur cargo à la
sortie du canal.
Le détroit de Malacca
Ce détroit est situé entre la Malaisie et l'Indonésie et est
le passage le plus rapide entre l'océan Indien et l'Océan Pacifique. Environ 65 000
bateaux y passent par année et, en 2011, 15,2 millions de barils de pétrole y passaient
par jours. À son point le moins large, le détroit est environ 27 kilomètres de
large. Par conséquent, les bateaux y sont parfois un peu à l'étroit. Un oléoduc
se fait donc construire entre la Malaisie (le pays sur le bord du détroit) et
la Chine le pays qui reçoit une bonne partie du pétrole traversant le détroit.
Il est intéressant de noter qu'il y a de la piraterie dans les eaux près du
détroit, bien que ce phénomène diminue depuis 2005.
Le canal de Panama
Créé en 1887, ce canal permet aux bateaux de passer entre
l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. Il est long de 80 kilomètres et
comprend des écluses. Bien que ce canal soit un point très important pour le
commerce, il n'y a pas beaucoup de pétrole qui y passe. En effet, il n'y a que 775 000
barils par jour. Cela s'explique par le fait que majorité du pétrole au monde
est extrait dans l'ouest de l'Asie et au Moyen-Orient. Il ne doit donc pas
traverser le canal de Panama.
Le détroit d'Ormuz
Le détroit d'Ormuz se situe à l'embouchure du golfe persique,
qui se situe entre l'Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, l'Iran, le
Koweït et l'Irak. Simplement en entendant le nom de ces pays, on peut figurer
que le détroit d'Ormuz est un point de passage important pour le pétrole. En
effet, bien que seulement 14 bateaux y passent par jour, il y a 17 millions de
barils par jour. Ceci représente environ 35 % du déplacement maritime du
pétrole. Les deux pays logeant se détroit large de 14 kilomètres sont l'Iran et
l'Oman. Le fait que l'Iran contrôle une partie du passage ne cause pas de
trouble, sauf quelques menaces sans fondement, pour l'instant. Par contre, on
peut certainement voir qu'il y a du potentiel pour commencer des conflits à
l'avenir.
Le passage du Nord-Ouest
Ces derniers temps, une nouvelle route commence à offrir une
bonne alternative au canal de Panama. En effet, avec la fonte des glaces, plus
en plus de bateaux commencent à passer au nord du Canada. Ce nouveau chemin
maritime devient donc un enjeu pour le Canada et même à échelle internationale.
Les bateaux qui sont trop gros pour passer à travers le canal de Panama ont
maintenant une alternative au détroit de Magellan, au sud de l'Amérique du Sud.
Tous ces passages maritimes sont évidemment de grands enjeux
aujourd'hui, mais ont également la possibilité de devenir bien plus importants.
En effet, si une crise énergétique cause la demande de pétrole à monter
énormément, le contrôle de la route qu'il emprunte deviendra nécessairement
bien plus important. Beaucoup de conflits peuvent donc avoir lieu autour des
points de passage maritimes. Évidemment, ces passages diminueront probablement
d'importance dans une société poste-pétrole puisqu'on n'en transportera plus et
qu'il y aura probablement moins d'échange international.
Très intéressant! Lorsque les pays seront dans leur «peak» au Moyen-Orient, les guerres civiles et les attaques terroristes vont probablement rendre ces points de passage dangereux... À quand un déversement de pétrole au canal de Suez? Ou bien est-ce que ça va être près du Yémen avec les pirates Somaliens?
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